Visite à la Ressourcerie de Case Pilote

Visite Ressourcerie de Case Pilote
 
26 avril 2017
L’ACISE a eu l’honneur, mardi 25 avril 2017, d’organiser une visite de sa Ressourcerie de Case Pilote. La délégation composée d’élus et techniciens de la CTM, de CAP NORD, de la CACEM et de l’ESPACE SUD avait pour mission de documenter les projets innovants dans le domaine de l’économie circulaire. Les membres de la délégation ont été accueillis par Mme Claude Formont, Présidente de l’ACISE, et M Ralph Monplaisir, Maire de Case-Pilote, autour d'un petit déjeuner.

L’économie circulaire, une notion d’avenir

L’ADEME accompagne la Collectivité Territoriale de Martinique dans la conception de son plan de Maitrise des Déchets. Au cœur de ce nouveau plan, l’économie circulaire aura toute sa place. En effet, l’économie circulaire vise à changer de paradigme par rapport à l’économie dite linéaire, en limitant le gaspillage des ressources et l’impact environnemental. L'économie circulaire est donc l'une des solutions à la problématique de l'engorgement de notre territoire par les déchets et encombrants. Parmi les différents modules de préparation du plan relatif à l’économie circulaire en Martinique, une journée de visite des initiatives pilotes en la matière était prévue. La Ressourcerie de Case Pilote que gère l'ACISE était la première étape de la délégation. Cette dernière s'est ensuite rendue au Repair Café d'Eco Mobil, dans une cantine pilote au Robert et sur un site de compostage collaboratif.

La Ressourcerie de Case Pilote, un projet pilote

La visite des élus et des techniciens des collectivités locales a permis de présenter l'innovation que constitue la Ressourcerie de l'ACISE. La Ressourcerie de Case Pilote est en effet la première Ressourcerie de Martinique à concentrer sur un même lieu toutes les fonctions. Henri Hannequin, Responsable des Opérations de l’ACISE, a guidé la visite la visite et a rappelé quelles sont les 4 grandes fonctions d'une Ressourcerie :
  1. La collecte des objets à potentiel de réemploi, en apport volontaire ou sur rendez-vous à domicile pour les gros éléments.
  2. La valorisation par le nettoyage, la réparation, la customisation ou le détournement, ou à défaut par l'orientation vers une filière de reyclage.
  3. Le réemploi et la réutilisation par le don ou la vente.
  4. La sensibilisation à la préservation de l'environnement  et à la consommation durable.
Une Ressourcerie intervient donc dans l’économie circulaire sur deux piliers : prolonger la durée de vie des objets et orienter vers les filières de recyclage matière.La Ressourcerie de Case Pilote est un projet soutenu par l'ADEME, CAP NORD et la DIECCTE. C’est dans une ambiance détendue, en compagnie des salariés et des bénévoles, que les élus et techniciens des collectivités ont parcouru le trajet qu'effectue un objet à potentiel de réemploi : quai de déchargement, caractérisation, stockage, ateliers de valorisation (menuiserie, électro-ménager), et espace de vente. La délégation a pu prendre la mesure de la quantité d'objets détournés des ordures ménagères et assimilés (107 tonnes en 2016), du travail que représente la collecte et la valorisation - supports d'insertion par l'activité économique, et du succès des produits d'occasion auprès du grand public.

Le plaidoyer de l’ACISE pour le développement du réemploi en Martinique

La visite des élus et des techniciens des collectivités de Martinique a aussi permis à l'ACISE d'exposer sa vision. Le réemploi des objets à potentiel de réemploi est une véritable opportunité pour l'environnement, mais aussi pour la création d'activité et d'emploi. Pour que d'autres initiatives comme celle de l'ACISE voient le jour, certains freins doivent être levés.
  1. Le développement des Ressourceries en Martinique est confronté au coût du foncier et des infrastructures. Seules les collectivités peuvent lever cet écueil.
  2. Le Syndicat Mixte de Traitement et Valorisation des Déchets doit reconnaitre l'apport des acteurs du monde de l'économie social et solidaire à la problématique du traitement des déchets en Martinique, et par conséquent réserver des accès privilégiés à ses infrastructures, tant pour la collecte des gisements que pour le traitement des déchets ultimes.
  3. Le détournement des encombrants par les acteurs du réemploi génère des économies pour les collectivités et leurs contribuables (une tonne d'ordure ménagère collectée et traitée coute 300 Euros en moyenne). En rémunérant les acteurs du réemploi, dans le cadre de conventions pluriannuelles d’objectifs et de moyens, les communautés d’agglomération favoriseraient le développement d'initiatives comme celle de la Ressourcerie de Case Pilote et feraient néanmoins faire des économies à leurs contribuables.
  4. Le développement du secteur du réemploi en Martinique passe aussi par la consolidation des modèles économies de ses acteurs. A cette fin, les éco-organismes, dont c'est en partie la fonction, devraient être opérationnels en Martinique, aux mêmes conditions qu'ils le sont dans l'hexagone. L'ACISE plaide ainsi pour la mise en place de l’éco-organismes Eco-Mobilier, et l’amélioration des services d’Ecosystème et VALDELIA.

En conclusion...

La visite des élus et techniciens des collectivités à la Ressourcerie de Case Pilote est la première étape d'une reconnaissance nécessaire des acteurs du monde de l'économie sociale et solidaire comme agents véritables de la collecte, du traitement et de la valorisation des déchets. Si vous partagez notre analyse, n'hésitez pas à partager cet article, soutenez l’ACISE et contribuez au développement de l’économie circulaire en faisant le bon geste !